Je n’ai rien pu dire à personne pendant 10 ans.

6 personnes qui ont développé un cancer de la thyroïde à l’adolescence après l’accident nucléaire poursuivent TEPCO en justice.

27 janvier 2022 à 20h47

Six hommes et femmes âgés de 17 à 27 ans qui vivaient dans le département de Fukushima au moment de l’accident ont lancé le 27 janvier une action en justice contre TEPCO, affirmant qu’ils souffraient d’un cancer de la thyroïde dû à l’exposition aux radiations causées par l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.
Ils ont déposé une plainte auprès du tribunal du district de Tokyo pour réclamer au total 616 millions de yens de dommages et intérêts. Au cours du procès, le principal point litigieux devrait être de déterminer s’il existe ou non une relation de cause à effet entre l’exposition aux rayonnements et le cancer de la thyroïde.

Les avocats et des plaignants tiennent une conférence de presse.
A la Chambre des représentants à Nagata-chô, Tokyo.
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« Je ne peux pas penser au mariage, à l’accouchement ou à l’avenir ».

Une jeune femme de 26 ans atteinte d’un cancer de la thyroïde et de métastases pulmonaires poursuit TEPCO.

Tokyo Shimbun, 19 janvier 2022, 06h00

Six jeunes gens qui ont développé un cancer de la thyroïde après l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi cherchent à faire établir la responsabilité de TEPCO (Tokyo Electric Power Company) devant les tribunaux. Ils ont de forts doutes sur le fait que, malgré la découverte d’un cancer de la thyroïde chez environ 300 personnes qui étaient des enfants au moment de l’accident, aucun lien de causalité avec l’accident n’ait été reconnu, d’autant plus qu’une réduction du nombre d’examens de dépistage est envisagée. « Je ne veux pas que cela continue comme si rien ne s’était passé », a déclaré une jeune femme de 26 ans, qui vit dans la région de Nakadôri, dans le centre du département de Fukushima, qui s’inquiète pour son avenir après avoir appris que son cancer s’est propagé à ses poumons. (Article signé de Natsuko Katayama)

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Les visages oubliés du mensonge nucléaire

Nous avons le plaisir de partager la vidéo de l’intervention de Linda Pentz Gunter de BEYOND NUCLEAR (Au-delà du nucléaire) sous-titrée en français par nos soins.

Il s’agit de son intervention lors du webinaire NUCLEAR ENERGY CONFERENCE 2021.

La visioconférence, qui a eu lieu le 29 avril 2021, est intitulée « How to Dismantle an Atomic Lie – taking apart the nuclear faulsehoods » (« Comment déconstruire le mensonge atomique – décortiquer l’imposture nucléaire »).

Linda Pentz Gunter parle de la face humaine de l’histoire du nucléaire, des visages occultés et poussés dans les oubliettes par la puissante industrie nucléaire et les autorités qui la soutiennent.

Son intervention est intitulée : « The Forgotten Faces of the Atomic Lie : To begin at the beginning » (« Les visages oubliés du mensonge nucléaire : pour commencer au commencement »).

Elle relate la violation des droits de l’homme et les souffrances qui caractérisent l’ère de l’atome depuis ses débuts jusqu’à nos jours.

Beaucoup de victimes de l’atome ont versé des larmes en écoutant son intervention puissante et émouvante, qui, espérons-le, saura toucher également celles et ceux qui ont été épargnés par l’atome – et lui trouvent souvent surtout des avantages.

Partageons donc ces visages et ces témoignages de victimes de l’ère  atomique, – qui n’ont pas toujours un visage humain -, auxquels Linda Pentz Gunter prête sa voix, avec respect et empathie.

Voici les voix des Cassandre.

Écoutons et partageons.

La vidéo est suivie du texte de transcription en français.

Informations pratiques:

Pour obtenir les sous-titres en français, si vous utilisez un ordinateur,  cliquer sur le carré blanc avec des lignes discontinues à l’intérieur, et activer les sous-titres. Ensuite, cliquer sur l’icône de la roue dentée pour choisir la langue.

Puisqu’elle parle assez vite pour entrer dans le temps imparti, il peut être plus confortable de ralentir la vitesse à 0.75, option disponible sous l’icône de la roue dentée.

Si vous utilisez une tablette ou un téléphone mobile, cliquer sur un carré avec « cc » à l’intérieur. Cela active/désactive les sous-titres. Ensuite, cliquer sur les trois points verticaux, puis toujours sous « cc », choisir la langue.

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Message de Ruiko Muto

Message à toutes les personnes dans le monde qui continuent de se préoccuper du sort des habitants de Fukushima

Dix ans se sont maintenant écoulés depuis l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima Daiichi. J’aimerais remercier toutes les personnes dont le soutien et les efforts pour obtenir l’abandon de l’énergie nucléaire nous ont encouragés pendant tout ce temps.

En ce moment, «Reconstruction» est le mot le plus souvent utilisé dans la zone côtière près de la centrale. Après l’inauguration d’un nouveau bâtiment administratif dans une commune dont les directives d’évacuation avaient été levées, mon regard a été attiré par la photo d’un article qui relatait cette cérémonie. «En avant ! Pas question de se retourner!» Ce slogan était inscrit au dos du k-way que portait un membre du personnel. Choquée, j’ai senti une immense colère me submerger.

«À ce jour, aucun problème n’a été réglé!» «Comment peut-on avancer en s’aveuglant autant sur la réalité?» «Jusqu’à quand vont-ils se moquer ainsi des victimes en leur imposant de porter ce genre de k-way?»

Toutes ces interrogations tournaient sans cesse dans ma tête.

Au bout de dix ans, malgré l’opposition du secteur de la pêche et des collectivités locales de Fukushima, on continue d’envisager de rejeter à la mer l’eau radioactive de la centrale. Pour la terre contaminée, après l’avoir déblayée et empilée dans des sacs, on l’enterre maintenant dans des champs pour y expérimenter la culture des légumes. Quant à la santé des enfants et des adolescents de Fukushima, malgré la multiplication des cas de cancers, des propositions sont faites pour restreindre les examens de la thyroïde, sous prétexte d’un sur-diagnostic dû au dépistage. 

À Fukushima Daiichi, on a enfin fini par évaluer au niveau des couvercles des réacteurs 2 et 3, dix ans après leur fusion, la valeur astronomique de la contamination radioactive. On a aussi constaté que le calendrier du démantèlement établi par TEPCO n’était pas réaliste, et qu’à ce jour, les modalités finales ne sont même pas déterminées. Il reste encore tant de chemin à parcourir avant la fin complète du démantèlement!

Alors que la plupart des dommages causés par cet accident sont de plus en plus invisibilisés, et qu’un grand nombre de victimes se voient abandonnées à leur sort, les mesures de radioprotection ont été réduites. Tout cela désigne la volonté de masquer les responsabilités de la catastrophe nucléaire. Ainsi, dans le «Centre de mémoire de l’accident» ouvert en 2020 dans la commune de Futaba, toutes les victimes recrutées pour être des «conteurs-témoins» sont encadrées de près afin qu’elles évitent de critiquer TEPCO et le gouvernement. «La reconstruction est une obligation de l’Etat». Cette phrase avait disparu cette année du projet de «Propositions pour le Plan d’avenir des communes sinistrées», rédigé par un conseil de spécialistes. Phrase qui sera réintroduite un peu plus tard à la suite de diverses protestations.

Parlons de cette «Reconstruction» de Fukushima: Le «Centre de soutien au développement du matériel médical», inauguré en 2016 avec une énorme somme prise au budget consacré à la reconstruction, affiche déjà un important déficit. Et faute de repreneur, le gouvernement a finalement décidé d’abandonner le parc éolien offshore installé au large de Fukushima depuis 2013. Dans le système en train de se construire, les entreprises qui s’étaient le plus enrichies grâce à l’industrie du nucléaire accaparent de nouveaux profits.

Est-ce donc cela que les victimes de la catastrophe appelaient de leurs vœux?

Mais le temps n’est pas au renoncement devant cette apparente fatalité. Face à une réalité complexe, où la vérité devient de moins en moins intelligible, il y a des choses que chacune et chacun de nous doit faire dès aujourd’hui.

Protéger la vie, la santé et assurer la clairvoyance des enfants qui vont œuvrer à faire exister notre Terre pour demain. Mettre en lumière la vérité et les responsabilités dans les accidents nucléaires, et transmettre aux générations à venir les leçons qui en seront tirées.  

Mais remettre également en question notre mode de vie, et savoir réfléchir à une politique énergétique basée d’abord sur la sobriété. Ne pas détruire davantage l’environnement. Soutenir toutes les victimes du nucléaire civil et militaire, pour qu’elles puissent mener une vie heureuse en toute sécurité.

Afin d’affronter les difficultés qui pourraient s’aggraver dans les années à venir sur toute la planète, restons unis, et appliquons-nous à accomplir, pas à pas et autant qu’il est possible avec joie et sérénité, les tâches qui nous attendent.

Fukushima, mars 2021

Ruiko MUTO

«Femmes de Fukushima contre le nucléaire»,

déléguée de la partie plaignante au procès pénal intenté contre les dirigeants de TEPCO

http://hidanren.blogspot.de/
http://kokuso-fukusimagenpatu.blogspot.com/p/blog-page_5112.html

(traduction française: yosomono-net France)

Message disponible en 6 langues
Message available in 6 languages
日本語 <English> <Français> <Deutsch> <Italiano> <Nederlands> sur le site de Yosomono Net.

BD Fukushima 3.11 en ligne

L’Association Nos Voisins Lointains 3.11 a le plaisir de vous annoncer la mise en ligne en libre accès de la bande dessinée intitulée Fukushima 3.11.

Les pages de cette bande dessinée sont parues dans le n°15 de la revue TOPO (janvier/février 2019).
Elles ont été réalisées à partir du témoignage de Suguru Yokota, recueilli dans le cadre du projet de recherche « DILEM » du CNRS.

Suguru, le garçon qui avait 15 ans lorsqu’il fut interviewé pour la première fois, est originaire de la ville de Koriyama, qui se situe en dehors des zones d’évacuation par l’ordre. Les déplacé-e-s de ces territoires sont appelés les « évacué-e-s volontaires » ou « auto-évacué-e-s » par rapport aux évacué-e-s forcé-e-s, et sont souvent les cibles de critiques et de brimades, puisqu’ils ont osé prendre la décision de partir, alors que le gouvernement n’avait pas donné l’ordre d’évacuer.

Cliquer pour visualiser la BD.
FUKUSHIMA 3.11

Nous avons également créé la version anglaise de la BD.
FUKUSHIMA 3.11 English version

Un article sur la BD intitulé « Isolated and alone » a été publié dans Beyond Nuclear Internationl (en anglais).

Damien Vidal est dessinateur et auteur de bandes dessinées. Il s’intéresse en particulier aux sujets à dimension sociale et historique (« Lip, des héros ordinaires » avec L. Galandon, « Aube dorée » avec S. Ricard…).

Kurumi Sugita, retraitée du CNRS, est anthropologue, et fondatrice de l’association Nos Voisins Lointains 3.11.

Témoignages de Fukushima

Voici les vidéos de témoignages de Fukushima créées par les Amis de la terre Japon (FoE Japan)

Le projet est intitulé « Fukushima Mieruka Project (Projet pour rendre Fukushima visible) ».
Un grand merci aux Amis de la terre pour ce projet (en cours) grâce auquel nous pouvons écouter des différents témoignages venant de Fukushima.

Hasegawa Kenichi (Ancien producteur laitier)

Kanno Mizue (Les évacués)

Les pêcheurs de Fukushima: Ne jetez pas d' »eau contaminée » !

Une mère qui a évacué avec ses enfants, puis est retournée à Fukushima

M. Seiji Sugeno pratique l’agriculture biologique dans la ville de Nihonmatsu (Fukushima)

Sumio Konno a évacué la ville de Namie dans la préfecture de Fukushima

Nobuyoshi Ito, un apprenti agriculteur du village d’Iitate

Je veux que les agriculteurs près des centrales nucléaires les voient.

Je veux que les agriculteurs près des centrales nucléaires les voient.
Je veux que les gens qui soutiennent les centrales nucléaires les voient.
Je veux que les gens qui sont pour les centrales nucléaires les voient, et non pas ceux qui s’y opposent.
Pouvez vous supporter de voir vos rizières en cet état?

原発立地の、立地の近辺の農業者に見てほしいと思う
原発賛成の人に見て欲しいと思う
反対の人ではない、原発賛成の人に見て欲しい
あなたの田んぼがこうなるのを耐えられるのかと

Je voudrais vous dire que les matières radioactives retombent sans discrimination sur ceux qui sont pour et ceux qui sont contre les centrales nucléaires.
Lorsque cela arrive, vous souhaiteriez certainement protéger vos enfants et petits-enfants.
Mais ça serait trop tard.
Je veux tellement vous convaincre mais dans mon impuissance,  je serre les dents.

放射性物質は、原発賛成の人にも反対の人にも等しく分け隔てなく降り注ぐのだと伝えたい
その時、あなたは子や孫を護りたいと思わないのかと
それでは遅いのだと伝えたい
歯噛みする思いで伝えたい

C’est à ceux qui soutiennent les centrales nucléaires que je souhaite transmettre ce message.
Regardez !  Ceci était notre rizière.
Ceci était le champs cultivé par nos ancêtres,  génération après génération.
Ceci serait le sort de vos rizières, les vôtres!
C’est ce que je voudrais vous transmettre, à vous, les agriculteurs.  
Les centrales nucléaires ne protègent pas notre avenir.
Je veux tellement vous convaincre mais dans mon impuissance,  je serre les dents.

原発賛成の人にこそ伝えたい
これがわたしたちの田んぼです。
営々とご先祖が耕した畑です。
あなたの、あなたの、田んぼの行く末だと
わたしは農業者のあなたに伝えたい
原発はわたしたちの未来は守らないと
歯噛みする思いで伝えたい

Publication dans FB de Mizue Kanno, le 10 novembre 2020

Mme Mizue Kanno est du village de Tsushima de la commune de Namie. Tsushima est encore dans la zone de retour difficile.

Elle se réfugie dans la région métropolitaine d’Osaka, dans le Japon occidental.

Une vidéo de son témoignage dans le cadre du Projet Mieruka Fukushima (rendre Fukushima visible) des Amis de la Terre Japon est visible ici.